top of page
825286671_10215924312376892_6676785374711149918_n.jpg

salons 

de l'année 2026 :​​

​

​

​

​

Samedi 3 et Dimanche 4 Octobre 

"par delà les apparences"

Voeuil-et-Giget

salle polyvalente

​

​

Salon des artistes

du 7 novembre au 29 novembre 

salle Lucien Deschamps

attenante à la médiathèque

vernissage Mardi 10 Novembre

et

le Samedi 28 et Dimanche 29

Salon des auteurs

Champniers

​

année 2027

​

Samedi 6 et Dimanche 7

Février 2027

Puymoyen

salle polyvalente

invitée d'honneur :

Maryse Dayries

vitrailliste

​

Dimanche 7 Mars

Magnac

salle M.Pagnol

​

Dimanche 14 Mars

Ronsenac

en partenariat avec

Ronsenac Patrimoines

​

Samedi 2 et Dimanche 3

Octobre 2027

Voeuil-et-Giget

salle polyvalente

​

​

​

​

(des salons supplémentaires seront prévus) 

​

concours nouvelles.jpg

résultats du concours de nouvelles ​

​

en bas de la page

Destins de Femmes ALC.jpg

Nouveau livre collectif d'ALC

Destins de Femmes
(bientôt épuisé)

​

                

                        Retrouvez les photos

                      des salons précédents 

​

                             sur Facebook 

" ALC les amis d'Arts et Lettres de Charente"  °

​

                              sur Instagram

                             " alc.charente "

​
 

​

                

° Pour faire figurer vos nouveautés et  photos sur Facebook,

envoyez-les en jpeg à chantal.dislaire@orange.fr 

concours de nouvelles Voeuil et Giget 2026.JPG

Résultats du concours de nouvelles 2026

« La nuit où tout a basculé »

 

Catégorie Junior :

1er prix : Camille Fauque Ammeux- 13 ans

Pour « Le voyage qui a changé ma vie »

 

Prix d'encouragement : Kyryann Albert – 15 ans

Pour « La femme au clair de lune »

 

Catégorie Adulte :

1er prix : Agnès Boutant

Pour « Reviens Liza »

 

2è prix : Olivier Gelin

Pour « La fin du monde »

 

3è prix : Isabelle Brault

Pour « La table des marchands »

 

Les prix ont été remis au salon du livre et des arts de Voeuil et Giget, le 3/10/2026, par la présidente de l'Association Arts et Lettres de Charente.

​Camille FAUQUE AMMEUX

1er prix

​

Catégorie Junior (03/09/2013)

 

Le voyage qui a changé ma vie

 

Ça y est, je me réveille enfin sans savoir combien de temps je suis restée endormie. Il me semble qu'on est au beau milieu de la nuit et mes coéquipiers commencent eux aussi à émerger de leurs looongs sommeils. Je ne saurai pas dire combien de temps s'est écoulé, ni le moment où nous arriverons à destination mais je sais simplement qu'il faut que nous contactions la Terre pour informer de notre réveil... La cabine fonce toujours à grande allure, et mes compagnons et moi partons manger un peu. Quel plaisir de pouvoir enfin se rassasier après tant de temps endormis ! Mais ce plaisir fut de courte durée : un bruit sourd vient de se faire entendre suivi d'une secousse qui fit trembler tout le vaisseau car l'astéroïde qui vient de nous percuter n'est pas des plus petits. Par chance, l'habitacle n'est pas endommagé, mais le vaisseau à changé de cap et nous nous dirigeons droit sur une étoile... Nous sommes projetés en arrière, et cette fois-ci, nous avons de la chance; nous avons réussi à permettre à la cabine de reprendre sa direction initiale, pourtant la curiosité nous pousse à regarder de plus près l'immense étoile qui n'avait pas explosé et qui, pourtant, dégage une sorte de lumière... Nous changeons donc volontairement le cap cette fois, mais le temps d'arriver de l'autre côté de l'astre semble durer une éternité. En attendant, je commence des recherches sur le lieu précis où nous sommes, quand avec effroi, je constate que nous sommes dans l'espace, proches de Neptune tandis que notre objectif est Mars. Je ne cesse de répéter cette phrase qui trotte désormais dans ma tête, tandis que le visage livide de mes compagnons après avoir appris la nouvelle me fait deviner qu'ils sont tout aussi en état de choc que moi...Nous recontactons la Terre mais la réception est très mauvaise et nous ne comprenons qu' 1 mot sur 5... Nous raccrochons. Malgré tout, remplis de curiosité, nous prenons notre courage restant et décidons d'aller au bout de notre découverte. C'est alors que nous commençons à apercevoir une planète : et grâce à nos connaissances, nous sommes sûrs que celle-ci n'a jamais été découverte.

Au fur et à mesure de son apparition totale, nous sommes époustouflés et nous identifions désormais la lueur dégagée par l'étoile : c'est une aurore boréale ! Celle-ci est dans les teintes bleutées, presque violettes. Cachées par l'étoile, ces merveilles n'avaient jamais été découvertes. C'est alors que nous nous rendons compte que nous sommes désormais... dans l'ATMOSPHÈRE de cette incroyable planète !! Nous même n'y croyons pas. Cela signifie qu'il y a potentiellement de la vie ! Nous sommes dans la brume; mais celle-ci semble peu à peu se dissiper, jusqu'à ce que nous distinguions de l'eau, ou même une rivière bordée de forêts ; et manifestement, le lieu n'est pas habité par des humains. Au contraire, à force de se rapprocher de sorte à atterrir, nous découvrons dans la végétation dense des petits animaux inconnus de nos yeux d’humains. Enfin, nous trouvons un terrain assez plat et nous nous posons. Après une longue hésitation, nous nous décidons à sortir, une caméra à la main. Et là, encore plus surpris qu'avant, nous nous rendons compte qu'il fait chaud ! Grâce aux étoiles qui entourent cette planète il fait à la fois beau, mais aussi, il faisait jour ! Après une courte étude des lieux, mon ami nous apprend que l'air est respirable, alors précipitamment, nous enlevons nos combinaisons et... respirons ! Une toute nouvelle sensation s'empare de nous et rapidement, nous sommes envahis de cet air encore jamais respiré par les Hommes. Entre les odeurs, les créatures, les immenses fruits juteux sur la cîme des arbres et les paysages, nous sommes comme dans un rêve.

Nous nous asseyons sur le sol rocheux et réfléchissons. Tout à coup, je sens un frisson me parcourir le corps et, effrayée, je me retourne brusquement et constate que je suis face à une espèce de crocodile-serpent-araignée. Je hurle. L'animal commence alors à s'emparer de moi et m'entraîne vers les bois. Mes coéquipiers, pétrifiés de peur, sont également emportés : la situation nous dépasse complètement ! Tandis que nous sommes dans la pénombre des bois, un craquement de brindille se fait entendre... Ce ne sont pas nos ravisseurs, car le bruit est trop léger, mais sûrement celui de quelqu'un ou plutôt quelque chose dois-je dire. Les créatures, qui nous retiennent encore, ne semblent pas avoir une ouïe très développée car ils ne réagissent pas non plus quand le crissement se reproduit. Tout à coup, les arbres qui nous recouvraient jusqu'à présent s'écartent dans un grand mouvement d’air, laissant la lumière pénétrer ; et nous éclairer. Ce n'était pas un coup de vent, mais un grand oiseau semblable à un dinosaure. Les petits animaux vus lors de notre arrivée surgissent de part et d'autres et commencent à nous soulever pour nous emmener dans ce qui semble être leurs maisons. Nous apprenons rapidement que ce sont des créatures très intelligentes car en dessinant, elles nous font comprendre que le territoire dans lequel nous avons atterri est celui où vivent nos ravisseurs et que ce sont de véritables prédateurs qu'il faut éviter de tourmenter.

Ils nous offrent de quoi manger, et quelques secondes plus tard, d'autres membres de leur tribu arrivent en portant notre vaisseau.

Ces animaux à la force spectaculaire, toujours en dessinant nous racontent leur histoire, nous faisons de même, puis c'est le moment des questions et ils nous expliquent leur théorie que chez eux le jour ne se couche pas, mais qu'en réalité, étant une petite planète dans l'univers, c'est en fait la nuit qui ne s'arrête jamais. Nous leur demandons par la suite si nous pouvons loger dans leur camp afin de trouver une solution car nous n’avons pas prévu assez d’énergie pour un si long voyage…

Finalement, cela fait maintenant plusieurs jours que nous sommes ici et nous n’avons pas tenté de joindre la Terre, ni de trouver une solution pour rentrer chez nous. Nous nous sommes rapidement habitués au climat, à la nourriture, et à nos nouveaux amis bien sûr ; si bien que nous avons à présent nos propres habitations et que nous sommes chez nous ici aussi. Nous faisons partie du clan !

 

Un jour, ils nous révèlent leur longévité exceptionnelle, tandis qu’un autre, ils nous apprennent qu’un autre clan vit sur cette même planète…

Nous le savons depuis le début de notre séjour absolument magique : un jour, il nous faudra rentrer chez nous… Pourtant, après des semaines de réflexions, sans avoir pu contacter la Terre comme nous sommes beaucoup trop loin dans l’univers, nous décidons finalement que nous n’avons pas d’autres solutions que de rester ici. De toute façon, c’est ce dont nous rêvions, mon équipe et moi depuis notre arrivée ! Une fois la tribu au courant de notre décision, ils sont ravis ! Ce soir, une grande fête est organisée, non seulement parce que nous avons décidé de rester parmi eux, mais aussi pour célébrer l’anniversaire de notre arrivée : un an déjà ! Que de merveilleuses rencontres, découvertes, amitiés se sont passées au cours de cette année qui a marqué ma vie. Je me souviens encore de notre arrivée ici, cette nuit où tout a basculé…

​

Agnès Boutant

 

Catégorie Adulte

1er prix

​

Reviens Liza 

​

La nuit où tout a basculé, il n’y eut plus de bruit. J’ai cru que mon cœur cessait de battre. Pourtant, j’étais encore debout, comme une statue, figée dans l’instant. Des heures et des jours se sont écoulés avant que je recouvre mes esprits.

Le temps ne sèche pas mes larmes.

Ma Liza, chaque soir, à l’heure du silence, je m’installe sous notre arbre. Les grillons invisibles emplissent maintenant la pénombre de leurs stridulations estivales. Le soleil rougeoyant s’abîme lentement tandis que le ciel finit de se consumer. La fraîcheur épice l’air des arômes du tilleul, de la menthe sauvage et de l’herbe grasse nouvellement coupée. Le noyer, seul dans son champ, ne forme plus qu’une ombre découpée dans la voûte constellée. Ce décor immuable me parle de toi.

Je garde intacte la douceur de ta joue quand, telle une chatte qui ronronne, tu viens la frotter contre ma main. Je ne cherche plus l’étoile filante qui nous remplissait d’émerveillement et nous poussait à nous exclamer comme des enfants devant un feu d’artifice. Alors, nous formulions des vœux insensés, puis nous éclations de rire bruyamment, ce qui faisait hurler l’Antonio du fond de son lit : « Y a de l’ouvrage demain, pouvez pas aller au lit comme tout le monde et me foutre la paix. » Et nous redoublions nos fous rires.

L’Antonio dort en ce moment, « l’Autre » comme tu l’appelais avec rage. Sa fenêtre est ouverte à son habitude, mais je n’entends plus ses ronflements sonores et familiers. La fatigue l’envahit, ses épaules, autrefois droites, s’affaissent sous un poids invisible. Ses yeux fixent le vide. Ses joues se creusent. Ses mains tremblent légèrement. Il flotte hors du temps, imperméable aux bruits du monde. Parfois, un soupir étouffé lui échappe. Jamais une parole gentille pour moi.


 

Assise sur la pierre, les cartes à jouer gisent sur l’herbe. Il me prend l’envie parfois d’une réussite, mais je trouve que les cartes mentent. Je leur demande sans cesse ton retour. Souvent elles me l'annoncent. Jamais tu ne reviens.

Ma raison se dissout. Je ferme les paupières et tu brasses le paquet. Tu dresses avec dextérité un éventail de cartons derrière lesquels tu te caches moqueuse. Je t’entends. Tu ris. Tu me susurres quelques mots rares et tendres. Tu m’obliges à arrêter le temps, à jouir de l’instant et à déguster le présent quand l’heure du repos est venue. Et je te vois, resplendissante avec ta masse de cheveux roux relevée, tes boucles rebelles qui tombent en grappe sur ton front. Tes dents éclatantes, dont la canine insoumise rehausse ton sourire gourmand. Tes yeux verts, pleins de malice. Tes bras graciles tachetés de son. Tout est harmonie et charme. Tu lui ressembles tellement à celui que tu détestais tant.

Les lueurs du soir se brouillent. J’enfouis ma peine derrière mes mains calleuses. Tout mon corps est secoué de désespoir. En moi tout hurle : « Reviens Liza. » Je t’en prie. Tu ne peux pas disparaître.

Malgré la nuit avancée, l’air ne fraîchit pas. Le vent s’est essoufflé. Mes yeux n’ont plus de larmes. Je voudrais te voir une fois. Une seule fois. Croire que tu n’oserais plus me crier que tu n’as plus besoin de moi. Imaginer que ce n’était que de la colère. Tu ne pourras jamais délier ce lien unique qui nous unit.

Tu savais que cette dispute violente entre l’Antonio et toi était prévisible. Alors, pourquoi as-tu décidé de lui dire ta vérité ? Pourquoi as-tu exigé qu’il te comprenne ? Il ne le pouvait pas, avec ses vieux principes d’avant-guerre. Souviens-toi : j’ai été un bouclier entre vous deux. Je te défendais. Je minimisais. J’inventais pour te protéger, et te permettre une liberté.

Cela ne t’a pas suffi ?

 

Cette nuit-là, ta rage de faire entendre ce qu’il ne pouvait pas entendre était trop forte. Un choc ! Il fallait patienter, et j’aurais eu raison de l’Antonio. Il nous aime à sa façon. Et toi, plus que tout.

Jamais, je n’ai imaginé que tu partirais si brutalement, en abandonnant ce message sur la table du petit déjeuner. Comme un vulgaire torchon de cuisine abandonné près de l’évier. Ce mot terrible : « Je pars pour toujours. »

Depuis ce jour, Antonio et moi, nous ne nous parlons plus. Je lis dans son regard qu’il me tient pour responsable. Comme si je t’avais volé à lui. Il ne s’intéresse plus à ses matchs de foot à la télé. Il disparaît à l’aube et ne rentre que pour dîner et se coucher. J’ignore ses silences et sa dureté. C’est toi qui me manques. Je ne sais plus agir. Je ne sais plus penser autrement qu’un automate. Je me perds dans un vide immense et sans fond. Sans pouvoir m’accrocher à quelque espoir.

Ma Liza, pourquoi n’entends-tu pas mes suppliques ?

La nuit s’épaissit. Je vais regagner mon lit et mes insomnies, à t’imaginer vivre dans l’insouciance d’un bel amour. À te croire, il se distingue des autres par son sourire radieux, par son regard protecteur posé sur toi, par sa façon de prêter attention à ce qui te rend heureuse. Pourquoi as-tu tenu à en faire un héros ? Pourquoi as-tu hurlé, piétiné nos années de complicité, de tendresse et de bonheur pour t’envoler sans laisser dans ton départ, le moindre accent de regret ? Sans te retourner.

Il fallait du temps à l’Antonio pour accepter ce rival. Il est dur, pour un homme comme lui, d’être unique, puis d’être détrôné par un jeune freluquet. Pour moi, c’est différent. J’ai toujours su, ma Liza, qu’un jour tu partirais. Mais je ne pensais pas que ce serait dans une telle douleur. J’avais imaginé ce voile blanc, cette volée de riz à la sortie de la messe, les flashes des photographes et, l’Antonio et moi, un peu courbés, mais heureux, si heureux, de marier leur dernière fille.

Reviens Liza. Reviens

Maman

 

© 2018 par Arts & Lettres de Charente - créé par Atelier graphique de Sandra

gestion du site ALC par Josian

bottom of page